Société

A qui appartient l’avenir de la nation

 
Les jeunes sont l’avenir de la nation » est une formule bien connue et souvent lancée à la hussarde par nos politiques, mais sans vraies mesures d’accompagnement. N’est-ce pas là une manière de les écarter de ce qui les concerne aujourd’hui et demain ? N’est-ce pas là une façon de les faire taire pour toujours devant les « vieux » ? Les jeunes se posent des questions face aux attitudes des parents qui se veulent « inoxydables » au-delà des 80 ans. A l’observance de la lutte opposant les générations dans nos sociétés, il sied de remarquer que les jeunes sont considérés comme tel, c’est-à-dire comme des personnes qui n’ont rien de consistant dans leurs triples.

Pourtant, la façon dont on les considère ou plutôt dont on ne les considère pas, devient plus lourde des conséquences par la suite, lorsqu’ils grandissent, font des études, postulent pour un travail. Généralement, et c’est bien dommage, on ne croit pas à leurs talents, à leurs idées, et on continue à les traiter comme des gamins qui doivent se taire à table.

Il en est de même des jeunes d’hier, aujourd’hui adultes. Cela est patent au sein de nos cercles familiaux, administratifs,etc., où les « vieux » se déclarent « inoxydables », refusent de décrocher au profit des jeunes d’hier qui, eux aussi, ont pris un coup de vieux. « Regardez-moi ce jeune ! Pour qui il se prend ? ». Cette phrase s’entend très fréquemment au sein de nos sociétés. Qu’un gosse fasse mine d’intervenir dans une conversation d’adultes ou qu’un adolescent, voire un majeur, ait tout à coup envie de donner son avis, il est illico renvoyé dans ses starting-blocks. Au genre, les jeunes n’ont rien à dire, ils ne savent rien. Bien sûr, il est universellement admis que les enfants, petits et grands, s’ils sont bien élevés, doivent respecter les adultes, ne pas leur couper la parole, etc.

Pourtant, la façon dont on les considère ou plutôt dont on ne les considère pas, devient plus lourde des conséquences par la suite, lorsqu’ils grandissent, font des études, postulent pour un travail. Généralement, et c’est bien dommage, on ne croit pas à leurs talents, à leurs idées, et on continue à les traiter comme des gamins qui doivent se taire à table. Idem dans la vie de tous les jours : ils passent toujours après, dans la file d’attente, dans l’attribution d’un marché, dans une cérémonie de famille. De plus, les « jeunes » n’ont vraiment pas de bol, car dans la plupart de nos sociétés, on est catalogué sous ce terme jusqu’à environ 45 ans, dixit les « vieux ».

La moralité ici, c’est que les jeunes ont intérêt à prendre leur mal en patience, avant qu’un « grand » leur laisse la place, le poste ou les commandes. Il importe d’ajouter que, sous d’autres cieux régis par des traditions plutôt féodales, on a pris l’habitude de s’accrocher au pouvoir jusqu’à plus soif. Sans pour autant sombrer dans l’excès inverse, comme dans les sociétés occidentales obnubilées par le jeunisme à tout crin, ou, en gros, on est jeté du système après la quarantaine, parce qu’on ne rend plus, on ne consomme plus, on est « out ». Il ne faudrait pas oublier que les jeunes sont tout de même « l’avenir de la nation ». Il faudrait prendre en compte leurs idées, et surtout leur permettre de les mettre en oeuvre, en leur donnant des postes, des tribunes,des moyens. Pour cela, il importe, peut-être tout simplement, de les écouter. Et surtout, que les « vieux » se rassurent, les sociétés leur garderont néanmoins l’immense respect qu’elles leur ont toujours porté.

Mais transmettre la connaissance, partager l’expérience est un acte qui demande une forme d’interactivité et de respect mutuel. Sinon, comment les « vieux » pourront-ils seuls à faire progresser une nation, une entreprise, où les « jeunes » se résolvent à paresser, à se tourner les pouces, par manque de modèles ou simplement au motif qu’ils sont jeunes.

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