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Mortalité maternelle et néonatale en RD Congo, les rapports alarmants de nos maternités

Au moment où les femmes célèbrent la journée internationale de la femme et le mois de mars consacré à la femme, notre pensée va tout droit vers ces femmes enceintes qui sont en train de rendre l’âme en mettant au monde. Aussi à ces femmes enceintes exténuées et abandonnées dans les salles d’urgence, faute de paiement de frais de la césarienne monnayée à la carte dans nos maternités. Aussi, à ces femmes qui meurent de suite de cette méthode ratée ou faite tardivement. Le décor n’est pas du tout beau à voir. C’est un vrai drame systématiquement entretenu qui mérite d’être dénoncé et épongé le plus rapidement possible, à l’effet de sauver des vies.

Depuis plusieurs années déjà, en République démocratique du Congo, plusieurs dizaines de femmes meurent chaque année pendant la grossesse ou l’accouchement. Selon des sources médicales et le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), près de 850 femmes sont mortes en couches sur cent mille naissances vivantes de juin 2014 à juin 2015. Aujourd’hui, les statistiques n’ont pas été sensiblement réduites. Et ce, dans des maternités publiques et privées.

Officiellement, elles décèdent des suites d’une « hémorragie postpartum » ou d’une « rupture utérine ». Dans chacun des cas, à en croire les sources médicales, la cause sous-jacente du décès est en réalité liée à un facteur beaucoup plus profond : le manque d’accès à des services de santé de base. L’immense majorité des décès de mères et de nouveau-nés en RDC est associée à des problèmes de santé évitables. Ils auraient survécu s’ils étaient issus d’un milieu plus riche, disposant de davantage de médecins, d’hôpitaux et de ressources. Malheureusement,
ce tableau est représentatif d’une crise beaucoup plus grave en matière de santé maternelle et néonatale. Aujourd’hui, il est particulièrement injuste qu’au lieu d’être un évènement heureux, la naissance se transforme en décès. Des décès que l’on peut éviter, car depuis une génération, des initiatives à travers le monde ont fait considérablement reculer la mortalité maternelle ainsi que les décès de nouveau-nés.

Quand UNFPA appuie le gouvernement

Mais pour la RD Congo, il y a des raisons d’être optimiste. En effet, avec l’appui du Fonds des Nations unies pour les activités de la population (UNFPA), des nouvelles données confirment que le pays fait des progrès dans la lutte contre la mortalité maternelle et néonatale. Depuis 1990, le pays a réduit le taux de mortalité des moins de cinq ans par presque la moitié, et la mortalité maternelle de 27 %. L’an dernier, près de 47 % des mères congolaises séropositives ont bénéficié de services visant à prévenir la transmission du VIH de la mère à l’enfant, soit une hausse spectaculaire par rapport aux années précédentes, où elles étaient moins de 1 % dans ce cas. Ces progrès surviennent à l’issue d’une réunion tenue au siège de l’Organisation des Nations Unies à New York, pour adopter un ensemble d’objectifs ambitieux de développement durable en vue d’éliminer l’extrême pauvreté et de bâtir un monde sain et prospère. Ces objectifs, qui appellent à réduire davantage la mortalité maternelle et néonatale, ont le potentiel d’accélérer les progrès si l’on concentre des efforts sur les mesures les plus efficaces pour sauver des vies.

Des interventions simples suffisent à faire une grande différence. Parmi elles, l’on cite l’allaitement maternel exclusif, les soins à apporter au cordon ombilical pour le garder propre et sec, le contact peau à peau entre les nouveau-nés et leurs mères afin de réguler leur respiration et leur température corporelle. Il est tout aussi important de répondre aux besoins des mères en matière de santé, car le bien-être d’un nouveau-né est étroitement lié à celui de sa mère. Donner aux femmes un meilleur accès aux services de planification familiale et autres services essentiels, mais aussi à une alimentation nutritive, peut leur permettre à elles ainsi qu’à leurs enfants de demeurer suffisamment fortes et en bonne santé pour contribuer à l’épanouissement de leur famille et de leur communauté. Aussi, doit-on aider le pays à renforcer ses systèmes de soins de santé primaires pour que davantage de femmes et de nouveau-nés accèdent à des services de qualité et à des médicaments vitaux avant, pendant et après l’accouchement.

Pour ce faire, le pays et les donateurs internationaux peuvent accroître les niveaux de financement pour les soins de santé de base, en collectant de meilleures données sur les principales lacunes au niveau des services et en formant davantage de personnel de santé de première ligne pour qu’il dispense à son tour une éducation de base et des soins aux personnes et dans les endroits peu ou pas du tout desservis. Car, nombreuses sont des femmes qui doivent savoir que les accouchements trop tôt (avant 20 ans), trop tard (35 ans), trop rapprochés et des facteurs communautaires et coutumiers sont également à la base de mortalité que connaît le pays. C’est ici que le fonds onusien mise sur les femmes-sages formées et encadrées, dont l’apport pourrait réduire la mortalité à plus ou moins 30 %.

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