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Ne jamais trahir le Congo… Dossier spécial 58 ans d’indépendance de la RD Congo

En ce mois de janvier 2018, les Congolais commémorent l’assassinat du tout Premier ministre Congolais, Patrice Emery Lumumba, et celui du troisième Président de la République, Laurent Désiré Kabila. Le premier aura milité pour libérer le Congo de l’impérialisme et le second aura bataillé pour la même cause et réussi à éteindre le flambeau de la révolution du régime trentenaire et dictatorial du maréchal Mobutu, soutenu par les Occidentaux. Ces deux personnalités, diagnostiquées «nationalistes pur sang», sont à l’unanimité acceptées comme héros nationaux par les Congolais. Leurs monuments ont été érigés à Kinshasa, où chaque année les Congolais se rassemblent en leur mémoire.

 

PATRICE LUMUMBA tué pour sa lutte pour l’indépendance du CONGO et contre l’IMPÉRIALISME

D’aucuns savent de Patrice-Emery Lumumba qu’il fut l’un des compatriotes qui avaient bataillé bec et ongles pour l’indépendance du Congo qu’il voudrait sans période intermédiaire. Ses discours et actions fâchaient la royauté belge et les autres puissances occidentales qui tenaient à mettre la main basse sur les richesses congolaises. Ainsi, un plan de son assassinant a été élaboré et vite mis en exécution. Et le 17 janvier 1961, Patrice Lumumba était assassiné. Une mort tragique orchestrée depuis Léopoldville, Bruxelles et Washington et sur laquelle la justice belge a finalement décidé d’enquêter le 12 décembre 2012. Une enquête qui prouve bel et bien que l’assassinat du tout premier ministre congolais a été l’œuvre basse des impérialistes occidentaux.

« Trois hommes, mal en point, attachés par une corde, sont poussés sans ménagement hors de l’appareil. La foule et les officiels s’excitent en reconnaissant Patrice Emery Lumumba et ses deux compagnons, Joseph Okito, ex-vice-président du Sénat, et Maurice Mpolo, ancien ministre de la Jeunesse et des Sports. »

Piqûre de rappel

Le 17 janvier 1961, il est 16 h 50 à Élisabethville, capitale du Katanga. Le DC-4 d’Air Congo immatriculé 00-CBI en provenance de Moanda, sur la côte atlantique, descend sur l’aéroport de Luano et s’immobilise sur la zone militaire. Sur le tarmac : des éléments de la gendarmerie katangaise et leurs encadreurs belges.

Mais aussi quelques ministres du Katanga en pleine sécession, dont celui de l’Intérieur, Godefroid Munongo, et, plus loin, une unité de Casques bleus suédois. Trois hommes, mal en point, attachés par une corde, sont poussés sans ménagement hors de l’appareil. La foule et les officiels s’excitent en reconnaissant Patrice Emery Lumumba et ses deux compagnons, Joseph Okito, ex-vice-président du Sénat, et Maurice Mpolo, ancien ministre de la Jeunesse et des Sports. En guise d’accueil, les trois prisonniers, traités sans le moindre égard, essuient injures, coups de poing et de crosses de fusils. Et sont jetés dans une Jeep. Un cortège hautement sécurisé s’ébranle en direction d’un lieu sûr, en l’occurrence une maison appartenant à un colon belge.

À 22 heures, un convoi quitte le lieu de détention et s’arrête à Mwadingusha. Le commissaire de police belge, Frans Verscheure, fait descendre les trois prisonniers de sa voiture et les conduit devant le peloton d’exécution dirigé par Julien Gat. Placé devant un arbre, Okito est le premier à être fusillé. Puis vient Mpolo et, enfin, Lumumba par un déluge de feu pesant 1Kg des douilles. Leurs corps sont jetés dans une fosse commune.

Et, comme si cela ne suffisait pas, quelques jours après la rafale mortelle, les corps des trois suppliciés sont déterrés, découpés et dissous dans un fût d’acide sulfurique par deux policiers belges. . Ce que l’acide ne peut dissoudre est brûlé. Les cendres sont ensuite dispersées. Le degré zéro de l’humanité.

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