Environnement

La plupart des feux de brousse sont volontaires (10km de savanne de Zongo detruit)

PLUS DE 10 KM² DE SAVANES DANS LA VILLE DE ZONGO ET SES ENVIRONS DÉTRUITS

Au début du mois de janvier, les feux de brousse ont détruit près de 10 km² de savanes dans la ville de Zongo et ses environs dans la province du Sud-Ubangi. Ces feux de brousse ont même brûlé des champs de maïs, de manioc et d’arachides ainsi que quelques habitations des paysans de la contrée. Poussés par les vents, ils ont évolué vers Molé, le site d’hébergement des réfugiés centrafricains.

Aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée. Aujourd’hui,la colline du plateau de l’Ubangi qui fait face à la ville de Bangui, la capitale centrafricaine, est nue. Mêmes les jeunes formés récemment aux techniques de lutte contre les feux de brousse par l’ONG Action de jeunes volontaires pour le développement durable, ont assisté impuissants face à ce fait. La société civile locale a indiqué que ce phénomène saisonnier est souvent provoqué par la population qui utilise ce moyen pour attraper des gibiers. Par ailleurs, elle a expliqué que ces feux s’éteignent et se rallument spontanément. Cette pratique à laquelle recourent beaucoup de cultivateurs détruit la terre et réduit la production agricole.

D’après les experts en environnement, la plupart des paysans recourent à cette pratique après la récolte de leurs produits pour préparer la prochaine saison culturale. Et après quelques mois, ils cultivent de nouveau sur la même terre. Selon ces experts, cette façon de procéder a aussi des implications négatives sur l’environnement. Les feux de brousse détruisent en effet l’écosystème et l’habitat de plusieurs espèces animales. Ils contribuent à la désertification de plusieurs régions et polluent l’environnement. Les feux de brousse contribuent également à la destruction des dizaines de milliers d’hectares de forêts et ont des conséquences néfastes sur le climat. Le gouvernement congolais doit donc interdire la pratique des feux de brousse afin de protéger l’environnement et de préserver l’écosystème.

Un feu de forêt (FdF en jargon pompier) est un incendie qui se propage sur une étendue boisée. Il peut être d’origine naturelle (dû à la foudre ou à une éruption volcanique) ou humaine (intentionnel et criminel ou involontaire et accidentel à partir de feux agricoles ou allumés pour « l’entretien » de layons ou des zones ouvertes pour la chasse).

Par souci écologique, quand le milieu, le contexte et la législation le permettent, on peut localement utiliser des « feux contrôlés »
pour :

  1. Brûler une zone à haut risque d’incendie avant qu’elle ne soit trop sèche,
  2. Entretenir certains habitats nécessaires à certaines espèces qui nécessitent des feux (quelques insectes et champignons vivent sur les bois brûlés),
  3. Restaurer la diversité écopaysagère de certains milieux devenus très homogènes afin d’y restaurer un habitat pour les espèces pionnières.

La plupart des feux sont volontaires (déboisement à fin de mise en culture), criminels ou ont pour origine une imprudence (barbecue, mégot de cigarette, feu d’écobuage) et pas que dans les pays secs.

Il importe de relever, par ailleurs que les forêts brûlent, mais elles servent aussi de protections contre d’autres catastrophes. L’ONU et la FAO estiment que le risque d’incendie ira croissant, dans un contexte de réchauffement climatique aggravé par le drainage et l’artificialisation des forêts et tourbières. La FAO invite en particulier les États à développer de nouvelles stratégies de gestion pour prévenir et lutter contre les méga-incendies de forêt. Parmi tous les feux de forêt, les méga-incendies sont les plus coûteux, les plus destructifs, et les plus préjudiciables et ils remettent en question l’efficacité des stratégies conventionnelles de protection de la forêt. L’incendie australien du « Samedi noir » a en 2009 tué 173 personnes et rasé plusieurs villes. En Russie en 2010 32 000 foyers d’incendies ont été détectés et le feu a tué 62 personnes et détruit 2,3
millions d’hectares. En zone tropicale les méga-feux proviennent souvent du défrichage de terres à des fins agricoles, or en 2011, les perspectives démographiques de nombreux pays tropicaux pour 2030, 2050 et 2100 ont été revues à la hausse par l’ONU. Ces méga-feux, pour la plupart imputables à l’homme, seraient exacerbés par le changement climatique.